Cela fait maintenant trois ans et demi que j’utilise les différents matériels de la série X de Fujifilm, et je vous propose aujourd’hui un résumé de mon expérience utilisateur. Sans revenir dans le détail des différents articles que j’ai pu écrire à leur sujet au fil du temps, et que vous pourrez trouver dans les archives du blog à la rubrique Fujifilm, cette expérience a débuté fin 2011 avec l’achat du premier appareil de cette gamme, le Fujifilm X100. A l’époque, je cherchais un appareil « d’appoint », léger, et donc facilement transportable au quotidien par rapport à mon équipement reflex. Séduit par le concept, j’ai donc décidé un an plus tard d’investir dans le premier modèle à objectif interchangeable de la gamme, le X-Pro1. Ce dernier a modifié mes habitudes, en ce sens qu’il est rapidement devenu mon outil photographique quasi principal, puisque je n’utilisais pratiquement plus mon reflex. Il faut toutefois se souvenir qu’à l’époque il n’existait que trois optiques Fujinon développées pour cet appareil (18, 35 et 60mm) et que certaines « limitations » techniques ne m’avaient alors pas décidé à définitivement me séparer de mon équipement reflex.

Comme vous l’aurez compris, l’idée première en entrant dans cette gamme était d’alléger ma sacoche photo. Mais là n’était pas la seule raison. En effet, il y a bien longtemps que je m’intéresse à la photographie, et j’ai souvent été guidé par des critères de choix tels que l’originalité, la compacité, en plus de la qualité. C’est ainsi, par exemple, que j’ai adoré utiliser des matériels tels que le Konica Hexar, le Contax T2, ou encore les Leica de la série M, à une époque où, en plus de la photo, je collectionnais aussi des appareils photographiques.

Grâce au développement rapide de cette nouvelle gamme Fujifilm, avec notamment l’arrivée de nouvelles optiques, des nouveaux boîtiers, mais aussi l’amélioration de ceux-ci grâce à plusieurs firmwares (mises à jour logicielles), j’ai donc continué à m’équiper, avec l’idée de faire de cette gamme mon unique outil photographique. C’est ainsi que je me suis définitivement séparé de mon matériel reflex au mois de janvier 2014. Lorsque l’on me demande si mon matériel reflex me manque, la réponse est sans appel : absolument pas. Bien évidemment, cette réponse est certainement très personnelle, puisqu’elle dépendra avant tout des besoins et des attentes de chacun. Pour ma part, j’ai trouvé dans cette gamme des matériels qui répondent parfaitement à mes besoins, tant au niveau de la performance des boîtiers que par la qualité des optiques. C’est d’ailleurs la première fois dans mon parcours photographique que j’investis autant dans une gamme, puisque j’en suis à mon cinquième boitier (2 X-Pro1, 1 X-E1, 1 X-E2 et 1 X-T1) et 7 optiques (18mm, 35mm, 60mm; 23mm, 10-24mm, 18-55mm et 55-200mm).

A propos des boîtiers :

Utilisant actuellement les X-Pro1, X-E2 et X-T1, j’ai pu me faire une idée assez précise de ces différents appareils au fil du temps. Je vous livre donc mon opinion dans les lignes qui suivent.

– Fujifilm X-Pro1 :
Si je devais uniquement résonner en terme de coup de cœur, le X-Pro1 est incontestablement celui que je préfère. Sa prise en main est à mon avis la meilleure, puisqu’il est légèrement plus volumineux que les autres appareils de la série. Je pourrais en dire autant concernant son ergonomie et son design. Le X-Pro1 m’avait par ailleurs séduit à l’époque grâce à sa visée hybride, et plus particulièrement sa visée optique, mais je dois toutefois reconnaître que je ne l’utilise que rarement aujourd’hui, même si la visée électronique de cet appareil est en retrait au niveau de sa définition par rapport à ses successeurs. Par ailleurs, le viseur optique n’étant pas adapté à toutes les focales de la gamme Fujinon, mon intérêt pour celui-ci s’est considérablement amoindri.
Mes 2 articles sur ce blog à propos du X-Pro1 : premières impressionsmon opinion après 6 mois d’utilisation

Fujifilm X-Pro1 + Fujinon XF23mm

Fujifilm X-Pro1 + Fujinon XF23mm

– Fujifilm X-E2 :

Techniquement plus évolué que le X-Pro1 (et le X-E1 qui a suivi), avec notamment l’amélioration de l’autofocus, grâce à l’apport de la corrélation de phase, et une meilleure définition du viseur électronique, le X-E2 est une excellente machine à photographier. Mon seul regret est l’utilisation de plastique sur cet appareil, moins esthétique que l’alliage de magnésium qui habille le X-Pro1, à défaut d’être probablement plus solide. J’ai en effet expérimenté malencontreusement un petit choc qui avait légèrement déformé la partie supérieure de mon premier X-Pro1. A noter aussi la compacité du X-E2. Celui-ci est en effet plus compact et plus léger que le X-Pro1. Si cet aspect est de mon point de vue personnel un désavantage en raison de la taille de mes mains, il sera certainement un point fort pour qui recherche plus de compacité. En résumé, avec toutes les améliorations apportées au X-E2, cet appareil est très agréable à utiliser.
Mon article sur ce blog à propos du X-E2 : premières impressions

Fujifilm X-E2 + Fujinon XF10-24mm

Fujifilm X-E2 + Fujinon XF10-24mm

– Fujifilm X-T1 :
A l’occasion de son annonce, j’ai été quelque peu été déçu par le design de cet appareil, en rupture par rapport aux modèles précédents de la gamme, et pour lesquels j’ai personnellement une préférence. Je me suis alors dit que je préférerais attendre un éventuel successeur du X-Pro1, et donc faire l’impasse sur cet appareil. Mais finalement, il m’a suffit d’aller voir le X-T1 en magasin lors de sa sortie et porter l’œil dans le viseur pour changer complètement d’avis. C’est donc sur ce seul critère que j’ai fait l’acquisition de cet appareil. Et je ne le regrette pas, car ce viseur électronique, avec son grossissement de 0.77x, est à lui seul un argument quasi imparable. Autre point que j’ai rapidement apprécié, l’écran arrière inclinable, très pratique pour le genre photographique que je pratique habituellement, l’architecture. Dans le même ordre d’idée, l’application « camera remote » qui permet de prendre le contrôle de l’appareil (en wifi) sur un smartphone ou une tablette. Il est à noter que cette fonctionnalité a été ajoutée au X-E2 grâce à une mise à jour logicielle. Le X-T1 est donc aujourd’hui l’appareil de la série que j’utilise le plus. Il est aussi probablement celui qui me procure le plus de plaisir à l’utilisation. Si vous souhaitez plus d’informations, vous pouvez lire l’article « Fujifilm X-T1 – premières impressions » sur ce blog.

Fujifilm X-T1 + Fujinon XF23mm

Fujifilm X-T1 + Fujinon XF23mm

Quelques remarques générales :

– L’autofocus :
Le X-Pro1 a souffert lors de sa sortie d’une mauvaise presse concernant son autofocus, jugé lent et très en retrait par rapport à ses concurrents de l’époque (Sony Nex, Olympus OMD). Cet aspect ne m’a jamais réellement gêné, et ce pour deux raisons. La première est que le genre photographique que je pratique, l’architecture (et par conséquent des sujets statiques) ne nécessite pas un autofocus véloce. Par ailleurs, j’ai pendant de nombreuses années utilisé des appareils dépourvus de mise au point automatique, et m’en suis toujours accommodé.
Avec le développement de la gamme, Fujifilm a très largement amélioré la question de l’autofocus, que cela soit de manière matérielle, que logicielle (cela concerne les boîtiers mais aussi les optiques, avec la double motorisation par exemple). Même la mise au point manuelle (électrique) a été très largement améliorée, et elle est tout à fait opérationnelle aujourd’hui. Je ne pense donc pas que l’autofocus pose encore question de nos jours. Si le X-Pro1 est logiquement légèrement en retrait, puisqu’il est le plus ancien de la gamme, les X-E2 et X-T1 sont très rapides et précis sur ce point. Certains photographes estiment toutefois que l’autofocus présente encore certaines faiblesses de mise au point en faible luminosité, mais je connais bien d’autres appareils dans ce cas. Mais là encore, je n’ai jamais rencontré de réelles difficultés.

– La visée électronique :
Excepté la particularité du X-Pro1 qui possède un viseur optique en plus (de la même manière que les X-100s et X-100T), les 3 appareils possèdent un viseur électronique. C’est d’ailleurs une des spécificités des appareils hybrides en général. J’ai souvent lu ou entendu des débats parfois acharnés sur ce point et m’en expliquerai plus loin. Il convient, avant de poursuivre, de faire ici une petite parenthèse pour revenir quelques années en arrière, et se remémorer les appareils bridges, qui ont été les premiers à être dotés de ce type de visée. Avec des viseurs minuscules et une définition très basse (parfois en noir & blanc), ceux-ci faisaient plus penser à la visée des caméscopes de l’époque, plutôt qu’à celle d’un appareil photo… La mesure du temps étant parfois très courte lorsque l’on parle de progrès technologiques, cet époque est belle et bien révolue. Le X-T1 possède aujourd’hui le plus beau viseur électronique de la gamme (et probablement le plus beau qu’il m’ait été donné de voir (bien que je ne les connaisse pas tous), avec un grossissement spectaculaire, une définition dans la norme de ce qui se fait de mieux de nos jours, un temps de latence tout à fait correct, et une série de perfectionnements que l’on ne peut trouver dans un viseur optique. Si je devais trouver ici un petite faiblesse (qui est d’ailleurs plutôt un léger inconfort), j’évoquerais un léger retrait en condition de faible luminosité, mais rien de rédhibitoire dans mon utilisation. D’ailleurs, pour rester sur ce point, le viseur électronique a un avantage par rapport au viseur optique en visée de nuit en ce sens qu’il « illumine » la scène.
la visée électronique a cet avantage par rapport à la visée optique qu’elle permet de voir son image dans le cadre avec l’exposition exacte, et des informations pratiques telles que l’histogramme ou encore une échelle de distance par exemple. Le viseur du X-T1 permet pas ailleurs de dédoubler le cadre, afin d’avoir d’un côté la scène, et de l’autre un grossissement afin de faire le point précisément si besoin est. Autre élément que j’apprécie, le basculement des informations en visée verticale.
S’il m’a fallu quelques temps pour m’adapter à ce type de visée, je pense que j’aurais du mal à revenir en arrière aujourd’hui. Il faut toutefois comprendre que j’ai connu mon premier viseur électronique avec le X-Pro1, qui n’a rien à voir avec celui du X-T1, ou même celui du X-E2, dont la définition est la même par ailleurs. Pour terminer ce paraphe sous forme d’humour, j’ai fini par trouver la visée optique « fade » par rapport à la visée électronique… :)

– Le capteur :
Ces trois appareils sont dotés d’un capteur maison, le X-Trans CMOS de 16,3 millions de pixels effectifs et de format APS-C. Si celui-ci, ainsi que son processeur, sont passés en version II sur le X-E2 et le X-T1 la qualité d’image me paraît très similaire. Sur ce point, je dois dire que j’utilise indifféremment les trois appareils, sans me poser la question d’éventuelles différences visibles. J’apprécie d’ailleurs cette homogénéité puisque mon appareil le plus ancien me paraît toujours d’actualité. Je ne m’étendrai pas ici sur la spécificité de ce capteur « atypique » (par rapport aux capteurs à matrice de Bayer), car vous pourrez en trouver toutes les explications précises sur le site de Fujifilm.
Point notable, cette gamme produit des sorties jpegs de très grande qualité, et je pense que nombre de photographes ne me contrediront pas sur ce point qui semble faire l’unanimité. Si vous le souhaitez, vous pourrez voir sur ce blog une série d’images jpegs directement sorties des boîtiers, sans retouches et réalisées avec différentes optiques en ce suivant ce lien.

– L’autonomie :
Avec une autonomie moyenne de 300/350 images, l’achat de quelques batteries supplémentaires est indispensable. Les reflex font beaucoup mieux, mais l’omniprésence de l’électronique sur ces appareils ainsi que la sollicitation permanente de la visée électronique en sont certainement l’explication. Le X-T1 propose en accessoire une poignée alimentée, qui permet l’ajout d’une batterie supplémentaire. J’ai longuement hésité à acquérir cette dernière, qui en plus d’ajouter de l’autonomie, permet une meilleure prise en main, mais ai finalement abandonné l’idée pour une raison de compacité.

– Qualité de fabrication :
J’ai connu dans mon parcours photographique des désagréments avec certains matériels que j’ai possédés. Problèmes électroniques, mécaniques, usure de revêtements…. S’il est certainement prématuré de donner ici mon opinion sur ce point, puisque mon équipement est encore récent, je n’ai à ce jour connu aucun soucis avec mon matériel Fujifilm. Il dois préciser ici que je suis très soigneux avec mon matériel, et que je ne l’utilise pas dans des conditions difficiles ou intensives. J’ai uniquement perdu les embouts caoutchouc protégeant la fiche studio de mes deux X-Pro1. Ce « problème »(mineur)  n’existe plus sur le X-T1, puisque cet embout est vissé sur celui-ci.

Fujifilm X-Pro1 - Fujifilm X-T1

Fujifilm X-Pro1 – Fujifilm X-T1


A propos des optiques Fujinon :

Ainsi que je le précisais en début d’article, la sortie du X-Pro1 s’est accompagnée d’une proposition de trois optiques Fujinon à focale fixe (XF18, 35 et 60mm). Celle-ci s’est rapidement étoffée, pour couvrir aujourd’hui une très large plage de focales, fixes ou zooms. Je tiens d’ailleurs à souligner ici la rapidité et la qualité avec lesquelles Fujifilm a développé son parc optique. En effet, le choix d’entrer dans un nouveau système peut parfois s’avérer cornélien (puisqu’il implique un investissement financier souvent lourd dans le temps) sans avoir forcément de visibilité sur son futur ou des dates de sorties des produits annoncés ou à venir. Sur ce point, aucun regret donc, puisque je possède aujourd’hui les optiques couvrant l’ensemble de mes besoins.

J’utilise 3 zooms de la gamme (XF10-24mm, 18-55mm, 55-200mm) ainsi qu’une focale fixe, le 23mm. Je ne me lancerai pas dans une description détaillée de ces optiques, l’idée étant ici, comme souvent dans mes articles, de présenter avant tout un ressenti, plutôt qu’un alignement de données techniques. Premier point que je peux partager ici, la très belle qualité générale de fabrication. Depuis que je les utilise, je n’ai eu à déplorer aucun soucis et elles sont comme neuves à jour. Autre point, l’agréable surprise quant à la qualité du 55-200mm. En effet, j’ai longtemps hésité à acheter ce zoom, dont le prix est pourtant relativement attractif si on le compare au prix moyen de la gamme. Pour l’avoir utilisé à diverses reprises pour du portrait, je n’ai absolument aucun point négatif à formuler, puisque la possibilité d’obtenir des profondeurs de champ très courtes et une excellente netteté sur les sujets sont véritablement réelles. D’ailleurs, c’est la principale raison pour laquelle j’ai fait l’impasse sur le 56mm. Entendons-nous bien, le 56mm est probablement une superbe optique grâce notamment à sa grande ouverture de 1.2, comme l’est certainement aussi le nouveau 50-140mm avec son ouverture constante de 2.8, mais je résonne aussi en fonction de mes besoins, pour lesquels les longues focales ne me sont pas très utiles. Autre bonne surprise, le 18-55mm. Ce zoom est à mon avis injustement souvent qualifié de zoom de kit (puisqu’il a souvent été proposé avec certains boîtiers de la gamme lors de leur sortie), alors qu’il produit des images très nettes, avec une plage d’ouverture tout à fait décente. Enfin, ce zoom est très compact et léger. J’en viens maintenant au zoom XF10-24mm, qui est sans conteste celui que j’utilise le plus. Personnellement, il s’agit du meilleur Ultra Grand Angulaire que j’ai utilisé. Vous pourrez lire plus en détail mes impressions sur cette optique en suivant ce lien. Enfin, je peux ici ajouter un mot sur le XF23mm, qui est probablement la plus belle optique actuelle de mon équipement.  Avec un piqué déjà excellent à pleine ouverture (1.4), cette optique est celle qui me procure certainement la meilleure qualité d’image.

Le mot de la fin :

Fin 2013, ma sacoche photo, qui contenait la totalité de mon équipement Fujifilm, à savoir 2 boîtiers, 3 optiques ainsi que les différents accessoires, s’est « volatilisée » (pour ne pas dire autre chose)… Ne me restait plus qu’à l’époque mon matériel reflex. Passé le choc, je me suis alors posé la question de savoir avec quel matériel j’allais reconstituer ma sacoche. Revenir au reflex (je pensais au Nikon D800) ou encore aller faire un tour du côté de chez Sony (A7R ), représentaient (avec bien sûr aussi l’idée de repartir avec Fujifilm) les différentes options. Toutefois, mon expérience avec Fujifilm m’ayant enchanté pour toutes les raisons que j’ai pu aborder dans cet article, j’ai donc décidé de poursuivre l’aventure avec la série X. Et je ne le regrette pas! Celle-ci a fortement évolué en peu de temps et évoluera encore très certainement. Fujifilm a par ailleurs été à l’écoute de ses clients, ce qui est assez rare pour être souligné, et apprécié.

C’est donc en quelque sorte la deuxième vie que je vis avec cette gamme, et j’espère que celle-ci durera encore longtemps :)