Ayant du me ré-équiper très récemment, je découvre depuis quelques jours mon nouveau matériel photographique de la gamme X-Premium de Fujifilm, se composant désormais de deux boitiers, le X-E2 et le X-Pro1, et des optiques Fujinon XF 23mm f/1.4 R ainsi que du zoom XF 18-55mm f/2.8 – 4.0 R LM OIS. Je suis en terrain connu avec les boîtiers, puisque j’utilisais déjà les X-Pro1 et X-E1.

Il est certainement encore trop tôt pour vous livrer une opinion définitive, puisque je n’utilise ces matériels que depuis quelques jours seulement. J’écrirai donc un nouveau sujet plus complet prochainement. En attendant, je peux vous faire part ici de quelques premières impressions. Je parlerai aussi dans cet article de mes nouvelles optiques Fujinon.

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Concernant le X-E2 :

Je n’évoquerai pas pour le moment toutes les améliorations (une soixantaine annoncée par Fujifilm) qui ont été apportées par rapport à son prédécesseur, le X-E1, car je ne les ai pas encore étudiées en détail et par ailleurs, il est facile d’en trouver la liste sur Internet.

En allumant l’appareil pour la première fois, quelques détails ont attiré mon attention, dont un en particulier : l’échelle de correction d’exposition, que l’on visualise dans le viseur sur la partie gauche de celui-ci mais aussi sur l’écran de contrôle arrière de l’appareil, a été modifiée. En effet, sur les modèles précédents, elle est « grisée », quelles que soient les valeurs de correction. Sur le X-E2, l’échelle « s’illumine » automatiquement en blanc lorsque la valeur de correction est autre que zéro. Ce détail peut paraître anodin, mais je le trouve particulièrement pratique. En effet, de nombreuses personnes se plaignent du fait que la molette extérieure de correction d’exposition peut se dérégler facilement, en sortant l’appareil d’une sacoche par exemple. Bien évidemment, on peut toujours vérifier la valeur sur la molette physique à tout moment, mais on n’y pense pas toujours. Cette nouveauté est donc un confort supplémentaire car visuel, dès que l’on porte l’œil au viseur. Deux dernières remarques pour en finir avec ce chapitre, il me semble que cette molette est plus ferme encore par rapport aux modèles précédents. Aussi, le correcteur gagne une valeur (+3/-3 IL maintenant au lieu de +2/-2 IL précédemment).

Autre petite nouveauté que j’ai remarquée immédiatement, il y a maintenant un point vert lumineux, dans le viseur et sur l’écran arrière, qui s’active lorsque la mise au point est effectuée. Jusqu’à présent, cette fonction était assurée uniquement par le cadre de visée. Vous me direz qu’il n’y là rien d’extraordinaire puisque cela existe depuis longtemps sur nombre d’appareils, mais c’est encore un petit plus appréciable.

Le X-E2 est équipé d’un transmetteur wifi. Il suffit de télécharger l’application gratuite Camera Application de Fujifilm sur le Play Store android ou sur l’Apple store selon le système que l’on utilise pour connecter l’appareil à un smartphone ou une tablette. J’utilise personnellement le système Android et ai donc testé rapidement cette fonctionnalité sur une tablette ainsi que sur mon smartphone. J’ai ainsi pu visionner sans difficultés particulières quelques photos prises avec le X-E2 sur les écrans de mes appareils.

Lorsque l’on évoque les appareils de la gamme X-Premium, il y a forcément un moment où l’on aborde la question de la rapidité de l’autofocus. J’ai donné mon opinion à plusieurs reprises dans ce blog. Pour mémoire, je suis un utilisateur de la quasi première heure de cette gamme, ayant par conséquent utilisé des appareils, que j’ai cités en début d’article, dotés des premiers firmwares. Plusieurs mises à jour ont fortement fait évoluer la réactivité de l’autofocus, et personnellement, je n’ai jamais eu à me plaindre de ce point en général. Bien évidemment, ma pratique « tranquille » de la photographie (architecture en particulier) ne nécessite pas un autofocus spécialement véloce. Pourtant, j’ai aussi utilisé mon matériel dans bien d’autres domaines, et là encore, l’autofocus a pratiquement toujours fait son travail. Et comme tout le monde, j’ai eu quelques ratés, sans que cette question devienne une préoccupation.

Alors, qu’en est-il de l’autofocus du X-E2?

Cet appareil est doté de la seconde génération de capteur, le X-Trans CMOS II et le processeur EXR II, apparus sur le X100s. L’appareil est maintenant doté de la détection de phase, en plus de la détection de contraste. Fujifilm annonce un processeur avec des temps de réponse deux fois plus rapides par rapport à la génération précédente. L’autofocus étant hybride, l’appareil sélectionne lui-même la méthode de détection la mieux adaptée selon la scène et les conditions de luminosité et de contrate. Je peux dire ici, sans véritablement me tromper et bien que je n’utilise l’appareil que depuis seulement quelques jours, que l’autofocus fonctionne parfaitement et se montre très réactif. Sur quelques centaines de photographies prises, l’autofocus n’a pas réussi à faire le point qu’une ou deux fois. Et je pourrais répéter ici que cela aurait pu se produire avec n’importe quel appareil. Par ailleurs, l’autofocus fait le point de manière très précise et rapide et ce quelles que soient les conditions de luminosité et/ou de contraste. En conclusion, je peux dire que l’autofocus du X-E2 satisfait 99% de mes besoins et il est indéniable que Fujifilm a donc réalisé des efforts considérables sur ce point depuis l’apparition de cette gamme. Je serais par contre incapable de dire si l’autofocus du X-E2 est plus rapide que celui du X-E1 car je n’ai pas d’outils de mesure d’une part, et si c’était bien le cas, la différence me paraît difficilement appréciable, dans la mesure où mon X-E1 fonctionnait déjà très bien à ce niveau. Utilisant aussi le X-Pro1, équipé de la première génération de capteur et de processeur, ce dernier fonctionne de manière très satisfaisante avec les derniers firmwares. D’ailleurs, je n’aurais pas racheté un X-Pro1 juste après l’achat du X-E2 si la différence m’avait paru significative…

Autre nouveauté pour moi par rapport à mes appareils précédents, la LMO (optimisation de la modulation optique). En substance, ce traitement corrige la diffraction, un phénomène connu qui s’accentue, plus on ferme le diaphragme et qui se manifeste par un flou (perte de détails). La LMO corrige apparemment aussi la perte de netteté que l’on observe sur les bords de l’image avec  certaines optiques et selon le diaphragme (généralement à grande ouverture).

Je serai incapable de dire pour le moment à quel point ce traitement est efficace car je n’ai pas encore eu le temps d’effectuer des tests avec cette fonction et faire des comparaisons  avec des images lorsque cette fonction est désactivée. Par ailleurs, chaque optique a ses propres propriétés et je ne suis pas qualifié pour aller plus avant dans ce sujet. Toutefois, j’ai observé quelques photos d’architecture réalisées ces jours-ci, et plus particulièrement à une focale de 18mm avec le zoom. Les bords des images m’ont semblé plus nets qu’avec le XF 18mm que j’utilisais auparavant. Aussi, en zoomant sur l’image d’un bâtiment (l’Hôtel de Ville à Paris) et plus particulièrement sur les éléments les plus éloignés au niveau du toit (statues, paratonnerre, etc..) il m’a semblé déceler de nombreux détails. Mais encore une fois, il ne s’agit que d’une impression. Est-ce dû aux qualités optiques, au traitement LMO ? Sans pouvoir donc donner une opinion basée sur une étude rigoureuse, j’aime simplement à imaginer que ce système fonctionne. Et quoi qu’il en soit, je suis actuellement extrêmement satisfait de mes nouvelles optiques !

Derniers petits changements que je peux évoquer ici en quelques mots, l’écran arrière est un peu plus grand (3 pouces maintenant) et mieux défini que celui du X-E1. Le taux de rafraîchement  du viseur électronique a lui aussi été amélioré.
Enfin, il y a eu une réorganisation de certains boutons et fonctions sur le panneau arrière de l’appareil. Je pense ici plus particulièrement au bouton d’accès au menu rapide (Q) que j’utilise régulièrement pour modifier certains paramètres. Si son placement n’était pas optimal (sur la partie droite du panneau arrière), son nouveau placement sur la partie supérieure de la face arrière semble plus logique et plus naturellement facile d’accès avec le pouce. Toutefois, je trouve que le bouton est trop petit et j’aurais aussi préférer une excroissance un peu plus prononcée.
Concernant les boutons toujours, j’apprécie par contre beaucoup celui de personnalisation (il y en a maintenant plusieurs) qui se situe dans la partie inférieure gauche de l’écran arrière. Je lui ai personnellement attribué la fonction de retardateur, car je fais régulièrement des photos sur trépied (poses longues) et n’ai pas encore de déclencheur filaire.

Je terminerai ici pour le moment le chapitre de mes premières impressions et ne manquerai pas d’écrire une suite après une période plus longue d’utilisation, comme je l’ai indiqué en début d’article.

 Concernant le Fujinon XF 23mm f/1.4 R :

Cette optique, récente, a été un véritable coup de cœur lorsque je l’ai vue pour la première fois il y a seulement quelques jours. De très belle construction, comme l’ensemble de la gamme XF de Fujinon d’ailleurs, cette dernière a toutefois un indéniable plus visuel, qui rappelle très fortement le 14mm de la même gamme. De volume et de poids plus important (300 grammes) que les optiques à focale fixe telles que le 35mm (187grammes) par exemple, ce 23mm est vraiment magnifique lorsqu’il est monté sur le boitier, et ce, plus particulièrement sur le X-Pro1. Vous me direz ici que cet aspect est loin d’être important et quelque peu subjectif et vous aurez probablement raison. Mais comme tout un chacun, j’ai mes goûts et préférences, et je peux parfois être attiré (aussi) par une certaine esthétique avant de rentrer dans les qualités intrinsèques. Cela dit, pour en revenir aux qualités optiques, je n’avais pas beaucoup d’inquiétudes dans la mesure où tous les tests que j’ai pu lire n’en disent que du bien. Et je le confirme personnellement. Netteté déjà excellente au centre à pleine ouverture et parfaite sur l’ensemble de l’image dès que l’on ferme un peu le diaphragme. Élément remarquable aussi mais pas forcément étonnant sur ce type de longueur focale, cet objectif est quasiment exempt de distorsions.

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Cette optique possède une bague (comme vous pourrez le voir sur les photos ci-dessus) qui permet de la débrayer en mode de mise au point manuelle (on la trouve aussi sur le 14mm) en la manœuvrant d’avant en arrière et inversement pour revenir en mode de mise au point automatique.  Cela s’avère très pratique dans la mesure où il n’est pas nécessaire de passer par le bouton se situant sur la face avant de l’appareil et qui permet de choisir les 3 modes proposés (autofocus, suivi, manuel).

A propos de la mise au point manuelle, j’ai pu noter que celle-ci est devenue tout à fait utilisable. Les utilisateurs « de longue date » de la gamme X comprendront ce que je veux dire. En effet, l’époque où il fallait tourner indéfiniment la bague pour effectuer la mise au point est révolue! Certes, la motorisation électrique permettant la mise au point n’égale pas encore le confort d’une mise au point mécanique, mais dans ce domaine, l’effort ne peut être que salué. Enfin, les aides à la mise au point manuelle dénommées « Digital Split Image » (image numérique divisée) et « Focus Peak Highlight » fonctionnent parfaitement. On pourrait juste regretter dans ce second mode la couleur blanche des points en surbrillance, qui n’est pas forcément la plus lisible sous certaines conditions. Il est à espérer qu’une mise à jour du firmware améliore ce point, bien que cette fonctionnalité soit tout à fait utilisable en l’état.

Le choix de cette optique ne m’est pas apparu comme une évidence au premier abord. En effet, pratiquant surtout de la photographie d’architecture, j’ai surtout besoin habituellement d’un ‘angle de vue important. J’ai ainsi longuement hésité avec le 14mm, dont l’angle de vue est beaucoup plus important. Mais je dois bien admettre que l’annonce de la sortie prochaine d’un zoom 10-24mm a mis un terme à mon hésitation, du moins je l’espère. Par ailleurs, le 23mm (équivalent à une focale de 35mm en 24×36) est la focale idéale au quotidien.

Si je n’avais qu’un seul petit regret à formuler concernant cet objectif, c’est qu’il est livré avec un pare-soleil en plastique. Certes, cela ne nuira en rien à la qualité d’image, mais ce choix est quelque peu en rupture par rapport à ceux livrés avec les premières optiques de la gamme, qui étaient en métal. Par ailleurs, le plastique du pare-soleil n’est pas en adéquation avec la très belle qualité de fabrication de l’objectif.

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Concernant le zoom XF 18-55mm 2.8 -4.0 R LM OIS :

Depuis que j’utilise les matériels de la série X de Fujifilm, j’ai toujours privilégié des optiques à focale fixe (Fujinon 18, 35 et 60mm). C’est d’ailleurs le cas en grande majorité depuis que je pratique la photographie.

L’acquisition de ce téléobjectif a été guidée par les deux raisons suivantes : 1- le prix intéressant s’il est acheté avec le kit; 2- n’ayant plus aucun matériel, je me suis dit que ce téléobjectif couvrira mes besoins avec son amplitude focale, en attendant d’autres investissements dans des matériels qui me conviennent mieux. Je pense ici plus particulièrement aux UGA (ultra grand angulaire).

Je dois bien reconnaître que si je n’ai pas été vraiment convaincu lors de l’achat de ce zoom standard, mon opinion a rapidement évolué. En effet, les performances de celui-ci sont excellentes. La focale que j’utilise le plus, à savoir 18mm, souffre d’une distorsion relativement prononcée. Mais ayant l’habitude de corriger mes images de manière logicielle, ce phénomène est récupérable en partie. La netteté est aussi au rendez-vous, ce qui est un point important pour moi.

Mécaniquement parlant, la bague de zoom est très agréable à manipuler, ainsi que la bague de diaphragme. Je ressens toutefois une petite gêne quant à l’utilisation de cette dernière ; dans la mesure où ce zoom est n’est pas doté d’une ouverture  minimum fixe mais flottante et dépendant de la focale utilisée (2.8 -4.00), la bague n’est par conséquent pas graduée. Et si j’aime utiliser les matériels de la série X, c’est aussi parce que les informations essentielles telles que la vitesse d’obturation, l’ouverture de diaphragme et la correction, sont directement visibles sans avoir à allumer l’appareil. Mais je suis sûr que je m’habituerai rapidement. Même remarque que pour le 23mm, ce zoom est lui aussi livré avec un pare-soleil en plastique, ce que je trouve dommage.

Conclusion :

Ayant utilisé avec grand plaisir le X-E1, la question de savoir si le nouvel X-E2 apporte quelque chose de plus peut se poser. Comme vous aurez pu le constater dans les différents articles consacrés à mon matériel photographique, je n’entre jamais véritablement dans le détail de toutes les fonctionnalités ou nouveautés car je ne les utilise pour la plupart que rarement, voire jamais lorsqu’elles me paraissent inutiles dans mon utilisation quotidienne. Je n’ai pas évoqué par exemple les nouveaux filtres créatifs présents sur le X-E2,  que je n’utiliserai probablement jamais, pas plus que le mode vidéo. En effet, mon utilisation d’un appareil photographique se limite en général aux fondamentaux. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquels j’aime utiliser cette gamme X. L’essentiel des commandes est là, matérialisé physiquement par des molettes, des bagues et des boutons, et avec des menus relativement dépouillés et simples (je n’ai jamais visionné et étudié la moitié des menus de mes boitiers reflex :-)).

Par contre, je ne suis pas différemment de tout photographe sur un point : je suis preneur de tout ce qui peut améliorer mon matériel photographique et si je devais trancher entre le X-E1 et le X-E2, je pense que ce dernier apporte des petits plus qui sont fort appréciables. Cet appareil est certainement devenu plus réactif et plus abouti, l’apport de la détection de phase ainsi qu’un processeur plus rapide y étant très certainement pour quelque chose. La réorganisation de certains boutons me paraît plus logique, améliorant ainsi l’accessibilité à certaines fonctions, bien que ce point précis soit probablement quelque peu subjectif et dépendant des goûts et habitudes de chacun.

Je n’ai pas évoqué jusqu’à présent la qualité d’image, qui est toujours aussi excellente. Fujifilm annonce d’ailleurs un traitement amélioré de celle-ci sur le X-E2 mais je ne peux pas l’apprécier pour le moment, et si différences il y a, je pense qu’elles sont subtiles, puisque nous sommes en présence du même capteur et de la même technologie sur les deux appareils. Enfin, je me fais une petite remarque très personnelle mais qui pourrait avoir du sens : dans la mesure où Fujifilm n’a cessé d’améliorer ses appareils de la gamme X avec de nombreux firmwares, je me dis que ce sera  aussi le cas avec ces nouveaux appareils. Et puisque le processeur du X-E2 est plus puissant que le précédent, il y a très certainement un vrai potentiel dans ce sens.

A l’heure où je termine ces lignes, j’ai lu avec attention hier les sujets concernant le lancement officiel du nouveau Fujifilm X-T1. J’en parlerai plus en détail dans un prochain article mais si je le cite ici, c’est uniquement pour en revenir à la question du choix entre tel ou tel appareil que j’évoquais plus haut. Je passerai ici le raisonnement  économique. En effet, si cet argument est un facteur important, voire décisif, la chute du prix du X-E1 (depuis l’arrivée de son successeur)  permet de l’acquérir à un prix très intéressant. Par contre, en occultant  là encore la question financière, le choix entre un X-E2 et le X-T1 est certainement plus cornélien : technologies certes similaires mais avec de nouvelles améliorations (celles qui m’ont interpellé : viseur électronique plus grand et central, traitement anti ruissèlement et anti poussière, grip optionnel avec batterie supplémentaire, insertion de la carte mémoire sur le côté, molette pour les valeurs ISO et ajout de plusieurs fonctions contrôlables elles aussi maintenant par molette et non plus en passant par le menu, etc…)

A suivre