Quelques semaines suite à l’acquisition du Fujifilm X-Pro 1 au mois d’octobre 2012, j’avais livré mes premières impressions concernant cet appareil photo (ici). Je n’avais évidemment pas le recul nécessaire à l’époque pour donner une opinion « définitive ». Après un peu plus de six mois d’utilisation de cet appareil dans des conditions variées et aussi avec deux optiques (les Fujinon 18 et 35 mm), j’en ai aujourd’hui une meilleure connaissance. Les quelques lignes qui vont suivre ne se veulent pas être un énième article sur un sujet que j’ai évoqué à plusieurs reprises dans mon blog, mais plutôt une suite (et fin) de mon précédent article. Enfin, et bien que cet appareil soit sur le marché depuis un certain déjà, il me semble que le sujet est encore d’actualité, dans la mesure où il n’y a pas de successeur annoncé pour le moment.

Ma première constatation concerne l’objet en lui-même. Il ne s’agit certes pas de l’élément essentiel d’un point de vue purement photographique, mais je dois admettre que chaque fois que je sors l’appareil de sa sacoche, celui-ci me plaît toujours autant, sensation que je n’ai jamais ressenti avec les appareils modernes que j’ai pu posséder. En effet, ces derniers se ressemblent tous plus ou moins et ne sont que des outils photographiques. On pourra certes discuter le look rétro du X-Pro 1, qui ne sera pas du goût de tout le monde mais en ce qui me concerne, cela fait partie des petits plus auxquels je suis sensible (l’explication vient très certainement du fait que j’ai été collectionneur à une époque) . Autre bonne surprise, je n’ai pas eu à déplorer une seule rayure sur sa partie supérieure (alliage de magnésium). Bien que je sois en général très soigneux avec mon matériel photo, j’avais des petites craintes à ce niveau car ce type de revêtement peut s’avérer « fragile ». Qui d’ailleurs n’a jamais cogné son appareil photo?… Même remarque concernant l’écran de contrôle arrière : l’appareil porté au cou, l’écran n’est jamais à l’abri d’une rayure à cause d’une fermeture éclair, d’un bouton métallique, ou bien en le frottant malencontreusement contre quelque chose… Aucun souci non plus concernant la partie inférieure de l’appareil puisque celle-ci est protégé par le grip, qui lui-même possède un revêtement caoutchouté très solide.
J’ai par contre perdu le petit cache en caoutchouc qui protège la prise studio. Ce cache de protection est en effet de très petite taille et c’est tout bêtement en l’enlevant que je l’ai perdu en le faisant involontairement tomber au sol. Rien de bien grave toutefois.

Concernant l’utilisation générale de l’appareil, je n’ai eu aucun soucis techniques à déplorer. Fujifilm a proposé plusieurs mises à jours firmwares qui ont sensiblement amélioré l’appareil, dont notamment l’autofocus. Je peux m’attarder ici sur ce point précis car il a souvent fait l’objet de longues discussions quant à sa rapidité. Soyons honnête, l’autofocus du X-Pro 1 n’est pas le plus rapide que j’ai connu, mais il n’a jamais été non plus un handicap pour mon utilisation. J’ai certes raté quelques images, et ce principalement sur des sujets en mouvement, mais cela aurait pu aussi m’arriver avec des matériels plus « véloces ». De nombreux facteurs doivent être pris en considération lors du déclenchement lorsqu’il y a mouvement (luminosité, vitesse, optique, etc…). D’ailleurs, concernant les optiques, j’ai la nette sensation que la mise au point est plus rapide avec le 18 mm qu’avec le 35 mm (leur conception différente en est sûrement l’explication). A noter aussi que le zoom Fujinon 18-55 mm est doté d’une double motorisation et semble ne pas poser de problèmes particuliers de vitesse de mise au point. Ne le possédant pas toutefois, je ne me base ici uniquement sur ce que que j’ai pu en lire ou entendre dire. J’ai aussi testé à plusieurs reprises l’autofocus en mode de suivi continu. Là encore, je ne pense pas que ce mode soit le plus adapté à ce type d’appareil, mais pour tout dire, il s’agit d’un mode que j’utilise très rarement, que ce soit avec le X-Pro 1 ou bien avec mes appareils reflex. Pour conclure concernant l’autofocus, je dis et répète ce que j’en pense depuis le début : s’il n’est pas le rapide qui existe, il ne m’a pris en défaut qu’en de très rares occasions et ne constitue pas pour moi un quelconque problème ou point négatif.

Le système de visée, qui est double sur cet appareil (optique et électronique), est certainement le point sur lequel mon opinion a le plus fortement évolué durant ces 6 mois d’utilisation. Si de nombreuses raisons m’ont poussé à acheter le X-Pro 1, la visée optique que celui-ci propose a sûrement été une des raisons déterminantes. En effet, à l’époque de mon achat, cet appareil était le seul (ce qui est toujours vrai à ce jour), dans cette catégorie de matériel s’entend, à proposer un véritable viseur optique, doublé d’une visée électronique. Et bien que le viseur optique soit loin d’atteindre une visée à 100% (ce qui est le cas du viseur électronique), j’apprécie le confort de pouvoir voir arriver le sujet dans le cadre. On peut parler ici de vision élargie.
Toutefois, au fil du temps, je me suis mis à apprécier de plus en plus le viseur électronique, bien que sa définition soit un cran en dessous de ce qui se fait aujourd’hui (et qui a d’ailleurs été largement augmentée et améliorée sur le X-E1). Aujourd’hui donc, j’utilise la visée électronique bien plus souvent que la visée optique. Et ce constat m’a amené à une autre réflexion : la possibilité d’envisager l’achat du Fujifilm X-E1!
En effet, lorsque j’ai acheté le X-Pro1, j’avais conscience que j’entrais dans un nouveau système, qui, s’il tenait ses promesses et répondrait à mes attentes, me conduirait logiquement à y investir dans le futur dans des nouvelles optiques, des accessoires, et pourquoi pas un second boitier… Si ce système est encore relativement nouveau, le parc d’optiques (initialement composé des Fujinon 18,35 et 60 mm) s’est agrandit depuis avec un zoom 18-55 mm, un très grand angulaire de 14 mm et à venir très prochainement un zoom 55-200 mm. La feuille de route de Fujifilm comprend d’ailleurs plusieurs autres optiques qui seront commercialisées dans un futur proche. Autre bonne nouvelle, la célèbre marque Carl Zeiss va très prochainement proposer plusieurs optiques pour cette gamme. Afin de compléter ma gamme donc, je suis aujourd’hui très intéressé par le zoom 55-200 mm. Bien que je n’utilise que très rarement les zooms et suis surtout utilisateur de focales courtes, ce dernier me permettrait d’avoir une amplitude focale importante et relativement complète. Quant à la question du X-E1 (dans la mesure où le fait qu’il ne possède pas de visée optique n’est plus un frein pour moi), la question peut effectivement se poser afin de posséder un « boitier d’appoint » dans la même gamme. En effet, seuls la visée optique ainsi qu’un encombrement plus réduit différencient les deux appareils. Enfin, le prix du X-E1 est inférieur et il possède aussi un flash intégré d’appoint.

Un autre point a aussi été amélioré depuis quelques temps. Il ne s’agit pas de l’appareil à proprement parlé, mais de la prise en charge des fichiers RAW (nommés RAF chez Fujifilm) de celui-ci par les principaux logiciels du marché, à savoir Lightroom, Adobe Camera Raw et Capture One (pour ne citer que les plus utilisés). En effet, la technologie particulière du capteur de l’appareil pouvait créer « des problèmes » de rendu sous certaines conditions et affectant parfois certains éléments (type feuillages…). Je ne développerai pas ce point ici car il a suffisamment été évoqué et il est facile de trouver des articles relatifs à ce sujet sur Internet.

Je peux évoquer ici un dernier point concernant le X-Pro 1 et le X-E1. Il s’agit des différentes opinions d’amis qui, comme moi, sont utilisateurs de ces appareils. Je pense pouvoir dire sans trop me tromper que ces derniers ne sont en aucun cas déçus de leur achat. Selon les attentes des uns et des autres, il peut bien évidemment y avoir des nuances dans les opinions sur certains points. En effet, la conception de ces appareils et leur philosophie peuvent demander un certain temps d’adaptation. Pour les personnes habituées aux reflex modernes (et n’ayant pas utilisé des matériels beaucoup plus « classiques » de l’époque de l’argentique), ce type de matériel peut paraître quelque peu déroutant au premier abord. Mais une fois ces obstacles passés (si l’on peut dire ainsi), l’utilisation de ces appareils se révèle être un pur bonheur.

Pour conclure, je peux dire qu’après 6 mois d’utilisation du Fujifilm X-Pro 1, mon plaisir est intact et que je compte bien investir dans plus de matériels de cette gamme… Je suis aussi dans l’attente de voir comment cette gamme va évoluer. En effet, l’arrivée récente du X100s, avec son lot d’améliorations, paraît intéressante, voire tentante (bien que je n’aie pas eu beaucoup de retours d’utilisateurs, puisque ce dernier est trop récent). Mais une chose me semble évidente, je ferai l’impasse sur cet appareil dans la mesure où je me concentrerai en priorité sur d’éventuels successeurs à optiques interchangeables.  A suivre…