C’est de manière quelque peu inattendue que le Fujifilm X-T1 a rejoint ma sacoche photo il y a quelques jours et il convient d’expliquer pourquoi en préambule.
Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à cette nouvelle gamme d’appareils hybrides fin 2011 (avec le Fujifilm X100), j’ai été immédiatement séduit par ce concept et suis donc passé au X-Pro1 un an plus tard. Si la fiche technique de ce dernier était évidemment mon critère principal, son désign m’a tout autant séduit. Avec ses lignes épurées et les commandes principales à portée de mains, sa visée hybride (optique et électronique), il se démarquait de la concurrence dans cette catégorie à l’époque. Rapidement, Fujifilm a élargi sa gamme optique et c’est à partir de ce moment là que j’ai décidé définitivement d’investir dans ce système car il paraissait certain qu’il allait s’étoffer rapidement.
Au mois de janvier de cette année, j’ai dû me rééquiper complètement en appareils de la série X de Fujifilm, en faisant l’acquisition du X-E2, mais aussi d’un second X-Pro1. A cette époque, je savais que l’arrivée du X-T1 était imminente, mais ayant la quasi certitude que je ne l’achèterais pas pour une raison que j’expliquerai plus loin, j’ai donc opté pour le X-E2.
Enfin, je précise ici que tout au long de cet article, je ferai parfois référence aux seuls boitiers de la gamme que j’utilise, et que je connais bien par conséquent.

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Fujifilm X-T1 + grip MHG-XT


Le design et l’ergonomie du X-T1 :

Si l’achat d’un appareil photo relève généralement de critères et de choix précis, le débat concernant le design peut paraître plus subjectif. Personnellement, si je considère un appareil comme avant tout un outil photographique, je n’ai jamais été insensible à son esthétique, et pour aller plus loin, j’ai toujours aimé ce qui sort de la norme en la matière. Et si j’ai eu un coup de cœur immédiat pour le X-Pro1, comme je l’indiquais plus haut, je dois admettre que je n’ai pas spécialement été séduit par le X-T1 à sa sortie. Celui-ci s’inspire du design des Fujica des années 70/80, que l’on pouvait d’ailleurs retrouver sur la grande majorité des appareils reflex de l’époque. J’ai été interpellé en premier lieu par le faux prisme en toit sur sa partie supérieure, qui abrite habituellement le pentaprisme des appareils reflex, ce qui n’est pas le cas ici bien sûr, puisque le X-T1 est doté d’une visée électronique. Mais en fin de compte, il me paraissait plus proéminent en photo qu’il ne l’est en réalité. Par ailleurs, un autre point a fait que j’ai fini par l’apprécier rapidement et il concerne encore l’aspect esthétique. En effet, avec certaines optiques Fujinon plus volumineuses que d’autres de la gamme (je pense ici au 23mm ou encore au zoom 55-200mm), je trouve personnellement que l’ensemble est plus harmonieux que sur le X-E2 , plus petit. Mais là encore, nous restons dans le domaine du subjectif et chacun aura ses préférences et ses propres goûts. Passé ce premier point, j’apprécie la ligne générale de l’appareil. Si elle est en rupture avec la ligne des précédents boitiers de la gamme, le look rétro fonctionne bien ici. L’ensemble est dense, avec une prise en mains tout à fait correcte. A ce sujet, j’ai choisi, comme je l’ai fait sur les X-Pro1 et X-E2, d’ajouter un grip (référence MHG-XT), qui améliore la préhension et protège la partie inférieure de l’appareil. S’il est de très belle facture, en métal, il s’avère aussi être pratique pour deux raisons : l’accès au compartiment batterie reste accessible et le pas de vis qui permet de fixer un trépied est décalé de manière à ce que l’attache rapide ne vienne pas obstruer l’accès à ce même compartiment. Ce n’est pas le cas sans le grip. Fujifilm propose aussi une poignée d’alimentation, qui permet d’ajouter une batterie supplémentaire (même référence que celle de l’appareil). La batterie permet environ 300 déclenchements. A la base, c’est cette poignée que je souhaitais acquérir, car elle permet, en plus d’ajouter de l’autonomie à l’appareil, une excellente prise en main pour les cadrages verticaux. Toutefois, ce n’est pas celle que j’ai choisi au final, car elle ajoute un volume qui me paraissait affecter la compacité de l’ensemble . En effet, si j’ai choisi de m’équiper dans cette gamme, c’est aussi pour cette raison.

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Les commandes :

En plus des molettes de réglage de la vitesse et de la correction d’exposition déjà présentes sur le X-E2 et le X-Pro1, une nouvelle molette fait son apparition sur le X-T1 : le réglage des valeurs ISO. Si je salue l’arrivée de celle-ci, je dois reconnaître que je m’étais bien habitué à celle des boitiers précédents, en utilisant la touche de fonction et les touches directionnelles, qui permettent un changement aisé des valeurs, sans quitter l’œil du viseur. Sauf erreur de ma part, puisque je n’utilise le X-T1 que depuis quelques jours, je n’ai pas vu cette possibilité dans la personnalisation des touches de fonction. Par ailleurs, cette molette est dotée d’un bouton de blocage qui doit être maintenu enfoncé pour changer les valeurs, ce qui me paraît moins pratique, à défaut d’être efficace afin d’éviter un changement de réglage non intentionnel. Mais là encore, je reconsidérerai probablement mon jugement sur ce point après quelques temps d’utilisation, puisque je ne change pas fréquemment ce réglage.
Afin d’ajouter à la logique d’un contrôle maximum de l’appareil sans avoir besoin de passer par des menus, 2 nouvelles couronnes de réglage sont ajoutées. L’une, située sous la molette ISO, permet de choisir les différents modes de motorisation : prise de vue unique, modes rafales, braketing, etc. L’autre, située sous la molette de réglage de la vitesse d’obturation, permet de choisir les modes de mesure d’exposition : multizones, pondérée et centrale (spot). A noter aussi l’apparition d’une nouvelle molette de réglage sur la face avant de l’appareil. J’ai cité ici les principaux ajouts par rapport aux boitiers antérieurs et n’entrerai pas plus avant le détail car il est facile de consulter la notice technique sur le site du fabricant. Le but de cet article étant surtout de livrer une première impression, je souhaite dire ici que le X-T1 apporte avec tous ses petits plus un confort d’utilisation encore amélioré.
La trappe d’accès à la carte mémoire a changé d’emplacement. Elle se trouve maintenant sur le côté de l’appareil, ce qui s’avère bien plus pratique que celle des X-E2 ou X-Pro1, qui se situe dans le même compartiment que celui de la batterie sous l’appareil. Autre amélioration sur le X-T1, il accepte les nouvelles cartes à très haut débit SDXC à la norme UHS-II.

Je conclurai ce chapitre par un petit descriptif du panneau arrière, qui lui aussi a subi quelques modifications. Je commencerai par celle qui me paraît la plus intéressante, l’écran LCD de 3 pouces (1 040 000 points), qui est maintenant inclinable vers le haut et vers le bas. Pratiquant principalement la photographie d’architecture et utilisant très fréquemment un trépied, cet apport fait partie de ceux que j’apprécie vraiment. Fini le temps des cadrages en contre-plongée m’obligeant parfois à m’accroupir sous l’appareil! Je pourrais d’ailleurs ajouter ici que l’application « Fujifilm camera remote », qui n’est disponible que pour le X-T1 permet un confort supplémentaire, puisqu’elle permet de contrôler l’appareil en wifi à partir d’un smartphone (ou d’une tablette). Un écran de contrôle ainsi que les réglages principaux et bien sûr le déclencheur, sont présents sur l’interface. J’ai personnellement un smartphone sous Androïd et n’ai pas noté de problèmes particuliers. On pourrait peut-être regretter le fait que l’application ne peut pas basculer en mode portrait, qui permettrait certainement d’avoir un écran de contrôle plus grand, mais cela serait probablement devenir trop exigeant :-)
Quelques boutons ont été déplacés en raison de ce nouvel écran orientable et un nouveau bouton focus assist a été ajouté. Très pratique, il permet de zoomer la scène dans le viseur. Un dernier mot ici concernant le pavé avec les quatre flèches directionnelles ; celles-ci sont un peu moins agréables à utiliser que sur les modèles précédents dans la mesure où elles sont plus rentrées dans le boitier,mais rien de rédhibitoire ici toutefois.

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Le viseur électronique :

Dès que le X-T1 a été disponible à la vente, je suis allé le voir en magasin. Lorsque je l’ai mis en marche et porté mon œil dans le viseur, je peux vous assurer que j’ai un choc! J’y étais pourtant préparé puisque j’en avais déjà beaucoup entendu parlé dans la presse. Avec un grossissement de 0.77x, il est tout simplement le viseur ayant le plus fort grossissement aujourd’hui. Depuis mon achat, j’ai fait des comparaisons avec mon X-E2. Si le viseur de ce dernier est tout à fait confortable, il faut bien admettre que c’est le jour et la nuit avec celui du X-T1. L’expérience est très immersive. La définition de 2.360 000 points n’a pas changé par rapport à celle du X-E2 et elle est actuellement dans la norme de ce qui se fait aujourd’hui dans cette catégorie. Je souhaiterais d’ailleurs poursuivre ici avec une réflexion plus générale concernant la visée électronique, et ce sur un ton humoristique comme je l’affectionne parfois. C’est en effet un sujet de discussion (et parfois de discorde) que j’ai eu souvent l’occasion de voir débattre çà et là, et entretenu en général par les irréductibles de la visée optique, érigée en visée absolue et irremplaçable… Je m’explique. Lorsque j’ai acheté mon premier X-Pro1, j’ai été rassuré par le fait que celui-ci possédais les deux types de visée, et surtout l’optique (OVF). Deux ans plus tard, je n’utilise cette visée que très rarement sur cet appareil. Il faut ajouter ici que la définition du viseur électronique du X-Pro1 n’a rien à voir avec celle qui existe aujourd’hui, puisqu’elle a été pratiquement doublée depuis. Enfin, il suffit de se souvenir de la piètre qualité des viseurs qui équipaient généralement les bridges il y a à peine une dizaine d’années pour comprendre les progrès qui ont été réalisés en la matière. Pourtant, un viseur électronique ne sera jamais un viseur optique et je ne pense pas qu’il faille être un ingénieur pour le comprendre. Utilisant ce type de visée depuis maintenant plus de deux ans, je m’y suis tellement habitué que je ne fais plus la différence (toutes proportions gardées évidemment). Le viseur électronique du X-T1 offre plusieurs nouvelles sophistications. La première, que j’apprécie beaucoup, est le basculement des informations de prise de vue en mode vertical. Si ce point n’est certes pas essentiel, il apporte un réel confort de lecture. La seconde, que j’utiliserai probablement moins mais qui reste néanmoins intéressante en mode de mise au point manuel, est le double affichage, avec l’écran principal et un écran plus petit sur sa partie droite, qui est zoomé sur le cadre sélectionné et permettant d’affiner ainsi confortablement la mise au point. Une très belle idée!

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Le capteur :

Le Fujifilm X-T1 est équipé d’un capteur de format APS-C X-Trans CMOS II de 16,7 millions de pixels. Je connais bien ce dernier puisqu’il équipait déjà le X-E2 mais aussi le X-Pro1. Des améliorations ont été apportées depuis le premier modèle de la gamme, avec notamment un autofocus hybride apportant la corrélation de phase, en plus de la détection de contraste, tous deux déjà présents sur le X-E2, ainsi que le processeur d’image EXR-II. Je n’entrerai pas ici plus avant dans la description technique de ce capteur, qui diffère de la traditionnelle matrice de Bayer, et vous laisse le soin de consulter le site du fabricant pour des explications détaillées. Ce que je voudrais surtout dire dans ce chapitre est que ce capteur offre un excellent rendu de détails et que j’en ai toujours été satisfait. Le fait d’ailleurs qu’il soit en substance le même sur les différents appareils de la gamme que je possède est une bonne nouvelle, car je peux les utiliser indifféremment sans me poser de questions quant à la différence de qualité, qui est globalement la même.

L’autofocus :

Le temps du X-Pro1 et de son autofocus « réputé » lent à l’époque de sa sortie est bien loin. J’ai eu l’occasion d’aborder ce point à plusieurs reprises dans différents articles sur ce blog et pour les résumer en quelques mots, ce facteur n’a jamais été essentiel dans ma pratique de la photographie, puisque mes sujets en architecture sont statiques. Fujifilm a écouté ses clients en améliorant très régulièrement l’autofocus de cette gamme, soit par des firmwares successifs, soit par des améliorations matérielles (corrélation de phase notamment – le X-Pro1 fonctionnait par détection de contraste uniquement) mais aussi de nouvelles motorisations sur les optiques Fujinon plus récentes. D’ailleurs, depuis la version 2.00 du firmware proposé à l’époque pour le X-Pro1, le débat était déjà pratiquement clos pour moi et il l’est devenu complètement avec l’arrivée du X-E2. En effet, je n’ai jamais ressenti de frustration dans son utilisation. Si j’évoquais plus haut le fait que les sujets que je photographie sont généralement statiques, j’ai aussi fait de nombreux essais sur des sujets en mouvement, et j’ai, en toute honnêteté, rarement raté mes images. Un point semblait toutefois faire défaut jusqu’à l’arrivée du X-T1, le suivi continu du sujet. Je dois bien avouer que je ne pourrai pas trop en parler ici car je n’utilise jamais ce mode autofocus. J’ai toutefois eu l’occasion de lire plusieurs sujets concernant ce point ces derniers temps, et il semble que le suivi continu soit désormais tout à fait opérationnel sur le X-T1. Personnellement, je trouve cet appareil très réactif. Je ne l’utilise que depuis quelques jours, et n’ai donc pas eu l’occasion de le tester dans des situations variées, mais je sens un petit plus par rapport à mon X-E2.

La construction :

Si techniquement le Fujifilm X-T1 est sans conteste l’appareil le plus abouti de la gamme, il en est indéniablement de même quant à sa construction. Fujfilm nous a habitué à de belles finitions, un revêtement  simili cuir en caoutchouc au toucher agréable et antidérapant, de l’alliage de magnésium, de l’aluminium, etc, mais on ne peut en espérer moins dans une gamme nommée X-Premium. Le X-T1 apporte toutefois un élément qui n’existait pas dans les modèles précédents, à savoir son traitement tout temps. 80 points étanchéité assurent une protection contre la poussière et le ruissellement. Fujifilm assure par ailleurs que l’appareil peut fonctionner tout à fait normalement à des températures basses. Le châssis en alliage de magnésium assure une bonne résistance. Comme tous les autres appareils de la gamme, nous restons dans des poids et des volumes similaires, le X-T1 affichant 440 grammes sur la balance avec la batterie incluse.

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Fujifilm X-Pro1 – Fujifilm X-T1 (tous deux avec leur grip)

Le X-T1 à l’utilisation :

Comme je l’indiquais en début d’article, je n’utilise le X-T1 que depuis quelques jours, mais après plusieurs sorties photo, je me suis déjà fait une opinion assez précise.
Les utilisateurs connaissant déjà la gamme X-Premium resteront en terrain de connaissance. En effet, si le design a changé, l’esprit est toujours le même. Il faudra juste s’habituer aux nouvelles molettes et commandes, très pratiques à l’utilisation et permettant de voir en permanence les réglages de l’appareil, même s’il est éteint.  Je regrette simplement le déplacement de certains boutons selon les boitiers de la gamme, mais cela ne concernera que les utilisateurs, qui comme moi en utilisent plusieurs de la gamme. En effet, je cherche parfois, par exemple, le bouton de lecture des images, situé sur la partie gauche du panneau arrière sur le X-t1 et sur la partie droite sur le X-Pro1. Mais nous sommes là dans l’anecdotique. Concernant les menus, là aussi pas de changements particuliers.
L’appareil se montre toujours très réactif et l’autofocus fait le point sans sourciller, et ce, quelles que soient les optiques utilisées (j’ai testé avec le 23mm, le 18-55mm et le 10-24mm pour le moment).  J’ai remarqué un petit détail concernant le commutateur ON/OFF : lorsque je porte parfois mes appareils en bandoulière et sur le côté, celui-ci s’est parfois mis en route inopinément. Sans que ce commutateur ne me paraisse plus ferme sur le X-T1, j’ai pourtant eu la bonne surprise que cela ne me soit jamais arrivé jusqu’à présent. Aussi, le déclencheur me paraît plus agréable à l’utilisation. Comme sur les modèles précédents, le déclenchement est souple, avec un son feutré et discret.

J’en viens maintenant aux deux éléments qui pour moi s’avèrent être ceux qui m’ont le plus agréablement surpris à l’utilisation. Le viseur électronique est très certainement le premier d’entre eux. C’est d’ailleurs celui qui a fait que j’ai décidé d’acheter le X-T1. Je ne reviendrai pas sur ce que j’ai écrit plus haut, mais ce viseur est tout simplement une merveille!  L’écran arrière inclinable est le deuxième point. Je dois préciser ici que j’utilise ce type d’écran pour la première fois. Si je sais que je ne l’utiliserai pour la photographie à main levée, cet écran se montre agréable et très pratique pour mon utilisation sur trépied, notamment lorsque j’incline fortement mon appareil.

La compacité faisant généralement des points que l’on retient (souvent en premier lieu) lorsque l’on choisit ce type de matériel, je pourrais en dire un mot ici. Avec un poids de 440 gramme (avec batterie), le X-T1 est un appareil que l’on peut porter toute une journée sans se fatiguer. Si là encore je reste en terrain connu, je le rapprocherai du X-Pro1, que cela soit au niveau du poids mais aussi de l’ergonomie. En effet, le X-E2 m’a toujours paru moins agréable sur ce point, car plus petit et plus léger. La taille de mes mains en est probablement l’explication.

Voilà en substance mes premières impressions concernant le dernier né de la gamme X-Premium de Fujifilm, qui aujourd’hui est sans conteste mon préféré. J’aurai probablement l’occasion d’écrire quelques lignes supplémentaires après une période plus longue d’utilisation et posterai aussi quelques photographies réalisées avec cet appareil.

En attendant, je vous souhaite de bons plaisirs photographiques :-)