tour-eiffel-800mm-200213-final-webJe n’ai pas pour habitude de commenter mes photographies et si j’ai décidé de le faire ici, c’est en raison de l’expérience unique que j’ai vécue pour la réaliser.

Le sujet :

Photographier avec un téléobjectif de 800mm de focale, voilà une expérience unique pour moi, et je ne pense beaucoup me tromper en affirmant que peu de photographes amateurs ont eu cette chance. Même chez les professionnels, ce type de matériel est généralement réservé à des domaines précis. Par ailleurs, je n’ose évoquer le prix d’une telle optique, qui, comme sa focale, est astronomique !

L’histoire :

Il y a deux ans, un grand ami de longue date et photographe de profession, me propose de tester ce téléobjectif. C’est en photographiant la lune un soir d’été en bord de mer que je commence à m’exercer. Mais l’essai n’est qu’en partie concluant, en raison de la prise en main que nécessite ce type de matériel. Enfin, la photo d’astronomie a ses spécificités en raison du mouvement des planètes.  Je suis toutefois étonné des détails obtenus, principalement des cratères, qui semblent si proches. Je décide donc de réitérer l’expérience le lendemain, mais cette fois à la plage, et en plein jour. Et là, je commence à réellement sentir la puissance de ce matériel. Placé « en mode paparazzo » à plusieurs centaines de mètres de la plage, je n’ai aucune difficulté à photographier les personnes s’y trouvant.

De retour à Paris quelques jours plus tard, mon ami me propose de garder le téléobjectif quelques jours, afin de faire des photographies dans Paris si je le souhaite. Je me dis alors que je vais pouvoir réaliser quelques images incroyables, avec des points de vue nouveaux. Malheureusement, la tâche s’avèrera plus compliquée que je ne l’avais imaginé, en raison du matériel lui-même, et dont je vais parler dans les lignes qui suivent.

Le Nikon 800mm f/5.6 :

Ce téléobjectif n’est pas récent. En effet, il ne s’agit pas du nouveau modèle sorti par Nikon récemment. Je serais incapable de faire une comparaison entre les deux, mais je voulais surtout souligner ici qu’une des différences entre l’ancien et le nouveau modèle concerne la stabilisation optique. Vous aurez compris que le modèle que j’ai utilisé en était donc dépourvu. Les risques de bougé ainsi que les vibrations sont donc élevés en conséquence, nécessitant un trépied et une tête adaptés. Nous en venons donc à la question du poids. En ordre de marche, trépied (le plus gros modèle en carbone de chez Gitzo), la tête pendulaire (elle aussi lourde) et l’appareil photo compris, c’est plus ou moins 15 kilogrammes qu’il faut manipuler ! Vous comprendrez donc que cette contrainte de poids est la raison principale pour laquelle je ne l’ai pratiquement pas sorti dans Paris (l’expérience de promener l’ensemble sur plusieurs centaines de mètres sur la plage, en plein soleil, m’avait déjà quelque peu découragé…). Mais ce n’est pas la seule raison. En effet, lorsque vous faites des photographies avec un tel équipement, vous êtes loin de passer inaperçu, et si quelqu’un croise votre chemin, il y a de fortes chances qu’il vienne vous voir, attiré par la curiosité… Dernière précision ici concernant l’appareil photo utilisé, mon Nikon D300 : le capteur de celui-ci étant de format APS-C, la focale en équivalent 24×36 (plein format) correspond à 1200mm ! Cerise sur le gâteau, j’avais à disposition un doubleur de focale (x2), mais que je n’ai que très peu utilisé.

800mm-trepied-web

La photographie de la Tour Eiffel :

Ayant une vue d’une partie de la tour Eiffel depuis mon appartement, je me suis dit que l’occasion était trop belle, puisque je n’avais qu’à ouvrir ma fenêtre et installer tranquillement le matériel. Sans pouvoir donner une distance précise, j’ai calculé que je me situe à plus ou moins 1000 mètres à vol d’oiseau de la tour (j’ai tout simplement effectué ce calcul avec l’échelle de distance d’un plan de Paris). La photographie a été réalisée en été, un jour de forte luminosité et avec un ciel sans nuages. C’est après quelques essais que j’ai obtenu l’image que vous pouvez voir ici. Il s’agit de la taille réelle (seul un très léger recadrage a été effectué afin de bien centrer la tour dans l’image). Par contre, je n’ai pas réussi à avoir une photographie totalement nette, bien que satisfaisante me semble t’il. Pollution, luminosité, ou tout simplement mon manque de pratique ?… je suis incapable de comprendre pourquoi  je n’ai pu faire mieux. J’ai donc du améliorer légèrement la netteté avec le filtre passe-haut de Photoshop. L’image est ici compressée, mais dans la version haute définition, les visages sont parfaitement visibles lorsque l’on agrandit l’image.

Petit détail amusant et qui a été pour moi une découverte dans la mesure où je ne suis pas monté au troisième étage de la tour Eiffel depuis longtemps, il y a une grande pancarte (que l’on peut voir sur la photo) sur laquelle est inscrit « bar à champagne » :-)