Ce mois d’août a été pour moi l’occasion de finaliser en grande partie un objectif que je m’étais fixé il y a quelques temps déjà, consistant à revoir entièrement ma série d’images représentant Paris. Je fais référence ici à des vues « classiques », dont vous pourrez voir l’ensemble dans la galerie dédiée sur mon site. En effet, pendant de nombreuses années, je me suis essayé à différents styles, en couleur, en noir & blanc, et ce, avec une approche essentiellement graphique. Cela m’a conduit à la réflexion que j’avais par conséquent peu d’images représentant les lieux  et monuments parisiens que l’on qualifie habituellement d’incontournables.

C’est donc avec une feuille de route très précise que j’ai abordé cette nouvelle série, et en repartant quasiment de zéro, puisque j’ai supprimé de nombreuses images anciennes qui ne me plaisaient plus, et retravaillé en partie celles que j’ai conservées. Je vous ferai part tout au long de cet article des quelques enseignements que j’ai tirés de cette expérience estivale.

Le style d’images :
Comme vous l’aurez compris à la lecture de l’introduction, le style très classique, sans artifices (mais en apportant toutefois une petite touche personnelle), est celui que j’ai privilégié, afin de montrer la ville de la manière la plus naturelle possible, dans l’esprit de l’image que vous pouvez voir ci-dessous.

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Le pont Neuf et l’île de la Cité depuis le pont des Arts


Les moments de la journée pendant lesquels j’ai pris mes photos :

Toutes les photographies que vous verrez dans ce sujet ont été prises uniquement à deux moments précis de la journée : le lever et/ou le coucher du soleil. Entre le 1er et le 30 août de cette année, le soleil se levait dans une plage horaire comprise entre 6h20 (en début de mois) et 7h00 (en fin de mois), et se couchait de la même manière entre 21h30 et 20h35. Si j’apporte ces précisions, c’est uniquement pour en venir maintenant à la question de l’organisation que ces horaires impliquent, et qui sont de plusieurs ordres :

En premier lieu, lors des préparatifs, il convient de connaître l’heure exacte du lever et/ou du coucher de soleil le jour de la sortie photo. En effet, le passage de la nuit au jour (et inversement) est relativement rapide, avec des transitions de luminosité permanentes, modifiant en conséquence les tonalités et l’ambiance de la scène photographiée. Ces horaires se trouvent très facilement, par exemple sur pratiquement n’importe quel site météo. Toutefois, de nombreux photographes utilisent une application spécialisée pour smartphones (qui existe aussi pour ordinateur), TPE (The Photographer’s Ephemeris), qui ne coûte que quelques euros, et qui permet de visualiser des informations très complètes, avec pour principales fonctions, en plus des horaires, la direction et l’angle des levers et couchers de soleil sur une carte Google Maps (idem pour la lune). Je n’entrerai pas ici dans le détail de cette application très technique. Vous pourrez trouver toutes les explications sur le site dédié (en anglais) si vous souhaitez en savoir plus. La capture d’écran ci-dessous vous montre l’interface de l’application :

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Autre élément important à prendre en considération, la météo. Ce facteur n’étant pas contrôlable et la météo pouvant se montrer parfois « capricieuse », je ne programme mes sorties que la veille au soir, en surveillant les actualités météo, en général sur une application installée sur mon smartphone. Bien évidemment, il y a peu de chances qu’un ciel bouché donne de bons résultats. Par contre, les nuages ne représentent pas forcément un facteur rédhibitoire, loin s’en faut. D’ailleurs, j’ai là aussi très souvent constaté des mouvements et changements importants à ce niveau au moment du lever et du coucher de soleil, comme vous pouvez le voir dans la série d’images suivante (pour précision, il n’y avait aucun vent ce matin là) :

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Remarque : plusieurs prises de cette série ont effectuées avec des filtres ND, pouvant légèrement influer sur la colorimétrie générale, mais l’idée est de vous présenter, en plus du mouvement des nuages dans le cas présent, les variations importantes de luminosité que l’on peut observer dans un laps de temps très court, puisque il n’aura fallu que 45 minutes environ pour passer de la nuit au jour.

Enfin, il convient lors des préparatifs de sortie de se renseigner sur les horaires de transports. La question ne se posera évidemment pas si vous vous déplacez avec un véhicule, mais si comme moi vous privilégiez vos déplacements en transports en communs, la question se pose indéniablement. Ayant pour habitude d’arriver sur site environ 30 minutes avant le lever du soleil, soit vers 6h00 du matin cet été, je suis arrivé parfois seulement quelques minutes avant que le spectacle commence, en raison des horaires de certaines lignes de métro, et selon le lieu où je désirais me rendre. Vous aurez compris que cette question ne se posera pas pour les couchers de soleil. Là encore, c’est avec une simple application que je calculais mes itinéraires et mes horaires (j’utilise personnellement l’application de la RATP).

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L’Institut de France – Quai de Conti

 

Le matériel photographique :
Depuis plusieurs années, j’utilise uniquement les matériels de la série X de Fujifilm. Vous pourrez trouver un résumé de mon expérience utilisateur dans un article sur ce blog . Pour précision, plus de 90% des images présentes sur mon site portfolio ont été faites avec ces matériels.
Premier point important ici, j’ai choisi d »utiliser en priorité mon objectif Fujinon XF23mm 1.4R pour réaliser la série d’images que vous pourrez voir dans cet article. Cette optique est actuellement la seule focale fixe que je possède, mon parc optique se composant essentiellement de zooms de la même gamme. Ma pratique habituelle de la photographie m’amène à surtout utiliser, et ce depuis plusieurs années, des objectifs couvrant un angle de champ beaucoup plus important, faisant du Fujinon XF10-24mm le zoom que j’utilise le plus souvent. Toutefois, je me suis souvent fait la remarque que je n’utilisais malheureusement que trop rarement mon 23mm, qui pourtant est certainement le « plus qualitatif » de mon parc optique. Je n’entrerai pas ici dans un débat focale fixe versus zoom, ou encore sur les qualités intrinsèques de chaque optique, car ce n’est pas l’objet du sujet qui nous intéresse ici. D’ailleurs, j’utilise mes différentes optiques sans à priori quant à la supériorité éventuelle de l’une envers l’autre, car je suis toujours satisfait de la qualité des fichiers que j’obtiens grâce à ces matériels, tous de très bonne facture. Toutefois, lorsque je visionne mes fichiers produits par le 23mm, je dois bien reconnaître que je leur trouve un piqué généralement plus prononcé. La netteté de mes images étant un aspect essentiel et auquel j’attache beaucoup d’importance lors du processus de traitement de mes images, j’ai noté que j’applique une accentuation généralement inférieure lorsque j’utilise cet objectif, la qualité des détails me paraissant plus élevée (plus fine). Enfin, et de manière plus générale, une longueur focale standard de 23mm (équivalante à un 35mm en format 24X36) ne génère pas de déformations d’une part, et permet d’autre part d’englober un champ de vision suffisant dans les scènes que j’ai pu photographier.

Le pont Alexandre III au lever du jour

Les accessoires :

– Le trépied :
Toutes les images que vous pouvez voir ici ont été faites sur trépied, élément indispensable lorsque l’on photographie à des heures auxquelles la luminosité est faible, et nécessitant par conséquent des temps de pose ne permettant pas des prises de vue à main levée (sauf bien évidemment en cas de réglage élevé des valeurs ISO).
Le trépied est l’élément sur lequel j’ai définitivement revu mon opinion cet été. Je m’explique. Lorsque j’ai décidé en 2011 d’investir dans un équipement photographique plus léger et moins encombrant que mon précédent équipement reflex, j’ai poursuivi cette logique en achetant un trépied lui aussi plus petit et en carbone, donc plus léger que mon précédent trépied en aluminium (tous deux de marque MANFROTTO). Je ne ferai pas de comparaisons ici, car il existe de nombreux modèles, tailles, marques, différents matériaux et prix, mais s’il y a bien deux éléments essentiels à prendre en considération lorsque l’on investit dans un trépied, il s’agit en premier lieu de sa stabilité, mais aussi de sa praticité. Sur ce dernier point, je veux parler des différentes manières dont il peut s’articuler mais aussi de sa taille. Dans le cas de mon modèle en aluminium, les sections téléscopiques peuvent s’articuler par palier, jusqu’à un angle maximum de 90°. De plus, la colonne centrale peut être basculée en position horizontale. Toutes ces possibilités sont un véritable atout. En effet, il n’est pas rare de se trouver derrière un muret (cela m’est arrivé à plusieurs reprises) dont la hauteur (ou même la largeur) sera gênante pour une bonne installation. Le fait de posséder un trépied suffisamment haut et complètement modulable permettra de toujours trouver une solution pour le placer correctement. Pour en revenir à la question de la stabilité, j’ai parfois eu de mauvaises surprises, particulièrement sur les ponts, par temps venteux, m’ayant occasionné quelques flous de bougé.

Il appartiendra donc à chacun de trouver le trépied qui lui conviendra, selon sa pratique et ses attentes en la matière, sachant que cet accessoire indispensable peut coûter très cher selon ses caractéristiques et le matériau utilisé, le carbone étant souvent plus cher. Je peux ici conclure ce point en évoquant la tête (rotule), qui elle aussi doit être de qualité. J’ai d’ailleurs investi cet été dans une rotule de type ball, plus lourde et plus volumineuse que celle que j’utilisais auparavant.

– Les filtres ND (Neutral Density) :
Il y a quelques temps déjà, une amie de la photo, Muriel, à qui j’ai consacré un article à l’occasion de son passage récent de Canon à Fujifilm, m’a gentiment prêté 2 filtres de marque B+W (6 stops et 10 stops), car je souhaitais à l’époque faire quelques tests. L’histoire de l’utilisation de filtres s’est arrêtée en ce qui me concerne à une époque très lointaine, lorsque je vissais des filtres à effets sur mes objectifs (mon préféré était celui qui créait de magnifiques étoiles sur n’importe quel point lumineux d’une image :)), ou encore des filtres dégradés de couleur…

J’ai donc effectué quelques tests sommaires avec ces 2 filtres, sans pourtant être convaincu, en raison principalement du virage magenta que provoquent ces derniers. Toutefois, j’ai décidé de tenter à nouveau l’expérience cet été, avec cette fois des résultats qui m’ont tout à fait convaincus. Je pense d’ailleurs que j’utiliserai plus souvent ces filtres à l’avenir, et je prévois d’ailleurs d’investir dans une gamme plus étendue, et d’étudier plus en détail leur utilisation.

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Le pont des Invalides

 

Quelques remarques et conseils :

  • J’ai abordé une nouvelle méthode de travail cet été, qui a consisté généralement à ne photographier qu’un seul point de vue lors de chaque sortie. Une fois arrivé sur place, j’installais mon trépied et réglais soigneusement le cadre de la scène à photographier, et ne je changeais ensuite plus rien jusqu’au lever du jour, me contentant seulement de déclencher mon appareil à intervalles réguliers. Cette méthode facilite le traitement des images (parfaitement alignées grâce au trépied) lorsque l’on souhaite mixer plusieurs expositions afin de créer certaines ambiances, ou tout simplement apporter certaines corrections.
  • L’utilisation d’une télécommande filaire est recommandée afin d’éviter de faire bouger l’appareil photo. Une autre méthode consiste à utiliser le retardateur de l’appareil. Un réglage sur 2 secondes est généralement suffisant pour le stabiliser.
  • Ayant fait plusieurs images sur des ponts, il faut prendre en considération que certains bougent plus que d’autres, ce qui est plus particulièrement le cas des passerelles. Cela peut par conséquent générer des flous de bougé. Cela m’est arrivé par exemple sur le pont Mirabeau, lors du passage d’un bus, au niveau où je me trouvais. Le pont des arts demandera aussi une attention particulière, car le plancher bouge assez fortement lorsque des personnes passent dessus près de vous.
  • Détail probablement anodin, mais une petite lampe de poche est toujours bienvenue lorsqu’il fait nuit et que l’on cherche quelque chose dans sa sacoche. Une application de type lampe torche sur un smartphone fera amplement l’affaire.
  • Photographier des lieux très touristiques au petit matin, je pense plus particulièrement ici à Montmartre, sur les marches devant la basilique du Sacré Cœur, demandera, soit l’attente du passage des services de nettoyage de ville, soit un énorme travail de nettoyage sur Photoshop, si l’on ne souhaite pas avoir sur ses images le nombre important de canettes laissées sur les escaliers (!!). Une amie du quartier m’a indiqué que le nettoyage commence à 6h15.
  • Dernier point ici, qui m’a complètement fasciné lors de mes sorties très matinales sur les quais, le calme de la Seine (sans aucun remous). Le spectacle de la ville (les ponts en particulier) qui s’y reflète comme dans un miroir est absolument magique! Il convient donc d’en profiter rapidement en prenant des photos, car le passage d’une péniche (en général de transport à ces heures-là) n’est jamais exclu, et créera des remous qui mettront beaucoup de temps à se dissiper. Pour exemple, un matin où je me trouvais près du pont Alexandre III, le passage d’une énorme péniche à 6h00, suivi d’une deuxième, plus petite et quelques minutes plus tard, ont généré de forts remous, qui ne se sont dissipés complètement qu’une heure plus tard environ.

 

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Le Tribunal de Commerce et la Conciergerie

 

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Le Pont Neuf

 

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Le musée d’Orsay

 

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L’Opéra Garnier

 

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La tour Eiffel et le front de Seine depuis le pont Mirabeau

 

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Le quartier du front de Seine depuis le pont de Bir-Hakeim

 

Voilà donc en quelques lignes le récit de mon mois d’août parisien, consacré en très grande partie à la photographie, avec des promenades absolument magnifiques, de très bons moments passés, et une terrible envie de poursuivre mes explorations dans la ville lumière.

A bientôt :)

 

La galerie Paris sur mon site :

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LOCALISATION

Cette carte indique la localisation des images présentées dans cet article.
Les marqueurs rouges indiquent les points depuis lesquels les photos ont été prises.
Vous pouvez voir l’image associée à chaque marqueur en cliquant dessus.

Pont Neuf et l'île de la Cité depuis le pont des Arts

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Institut de France

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Pont Alexandre III

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Pont de Invalides

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La Conciergerie

La Conciergerie

Pont Neuf

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Musée d'Orsay

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Opéra Garnier

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Tour Eiffel et front de Seine

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Quartier du front de Seine depuis le pont de Bir-Hakeim

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